Bientôt un nouveau médicament anti-obésité, Mysimba

L’Agence européenne du médicament EMA a donné un avis favorable pour une commercialisation dans l’Union européenne, vendredi 19 décembre.
(EMA) « a recommandé d’approuver l’autorisation de mise sur le marché » de Mysimba, un médicament d’aide à la perte de poids. Il est déjà vendu aux Etats-Unis depuis septembre 2014 sous le nom de Contrave. Problème : ses effets secondaires font débat.

Le Mysimba combine deux principes actifs : le naltrexone – utilisé pour traiter la dépendance à l’alcool et aux opiacés – et le bupropion – prescrit comme anti-dépresseur et pour arrêter de fumer.
Ce médicament sera disponible uniquement sur prescription et il sera réservé aux patients adultes obèses ou en surpoids qui ont ou plusieurs autres facteurs de risques, comme de l’hypertension ou un taux élevé de cholestérol.

Comment marche le médicament Mysimba:

Le médicament Mysimba combine  deux principes actifs déjà utilisés dans d’autres médicaments:

  • la naltrexone utilisé dans le traitement de la dépendance à l’alcool et aux opiacés.
  • Le bupropion pour traiter la dépression et la prise en charge de l’arrêt du tabac.

Mysimba sera prescrit sur ordonnance, et sera seulement destiné aux cas d’obésité sévère qui engendreraient des risques importants pour la santé, type hypertension ou cholestérol.

Des effets secondaires qui rappellent ceux du Mediator:

Les effets secondaires de Mysimba sont loin d’être anodins, et c’est pour cela que les autorités de santé américaines (FDA) ont hésité pendant plusieurs années avant d’autoriser sa mise sur le marché en septembre 2014.

Quels sont les effets secondaires évoqués ?

Des risques cardiovasculaires:

– Même si l’EMA explique que les résultats intermédiaires d’un essai clinique sont plutôt rassurants sur ce point

– Des troubles gastro-intestinaux ou liés au système nerveux central…

La plus grande prudence doit être de mise, et différents organismes indépendants tirent d’ores et déjà la sonnette d’alarme.

Car ces effets secondaires ne sont pas sans rappeler ceux du Mediator, médicament antidiabétique détourné pour ses propriétés coupe-faim, et responsable de lésions des valves cardiaques, avec les conséquences que l’on connaît.

Dans un communiqué du 19 décembre 2014, la revue Prescrire pointe du doigt la nature amphétaminique du bupropion, et d’ajouter :

Parmi ses effets indésirables potentiels, l’agence mentionne des troubles gastro-intestinaux ou liés au système nerveux central. Elle reconnaît aussi que “des incertitudes subsistent sur les résultats cardiovasculaires à long terme”. Mais elle juge “rassurants” les résultats intermédiaires d’un essai clinique sur “les risques de pathologies cardiovasculaires graves”.

Les patients traités avec ce médicament devront être revus par leur médecin au bout d’une période de 16 semaines, précise l’EMA. Le traitement devra être arrêté dans le cas où ils n’auraient pas perdu au moins 5% de leur poids initial.

La revue française Prescrire déplore “une recommandation inacceptable qui doit être rejetée” sur ce médicament qui contient du bupropion, une molécule proche des amphétamines. “Les autorités de santé doivent tirer les leçons des catastrophes sanitaires passées [comme le Mediator, avec une molécule proche de l’amphétamine], notamment celles portant sur des coupe-faims interdits par la suite sur le marché européen en raison d’effets indésirables graves.”